Forum des hapkido-in de France

    DC's blog

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    DC
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    Message  DC le Dim 3 Juin 2007 - 8:46

    Bonjour à tous,

    Comme je viens de rajouter un article sur mon blog, j'aimerais ouvrir un post sur celui-ci, non pas pour me faire de la pub mais pour porter à votre connaissance les avancées de celui-ci et ouvrir des discussions avec vous (car l'inconvénient du blog version Kwoon, c'est qu'il n'y a pas de "droit de réponse").

    Les sujets déjà abordés sont les suivants :

    - Muye Dobo Tongji
    - Les trésors de Bulguksa
    - Him Gi'ulligi
    - Premier cours de Hapkido en Corée
    - Costumes militaires anciens
    - Jangchang - la lance longue
    - Kal Neokki - poser le sabre
    - Les armes individuelles traditionnelles
    - L'histoire des arts guerriers équestres de Corée
    - Son Salligi - faire vivre la main

    A vos commentaires, remarques, questions, critiques, idée d'article, ... Je vous tiendrai au courant dans ce fil de chaque nouvel article...

    A+

    EDIT : si quelqu'un peut m'aider à diminuer la taille des photos, elles sont un peu trop grandes et je ne suis pas très doué en informatique...

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    Re: DC's blog

    Message  bouda le Lun 4 Juin 2007 - 6:06

    Bonjour DC

    Excellent le sujet sur la position des mains.
    Je me suis rendu compte que je faisais l'erreur de trop écarter les doigts.
    Le pire, c'est que je forçais pour le faire alors que naturellement j'aurais pris une forme de main proche de l'idéal.
    En plus, je ne connaissais pas le lien qui existait entre la forme des mains et le ki.

    Tiens, une question à ceux qui voudront me renseigner. Qu'en est-t'il du poing fermé ?
    J'ai en effet la fâcheuse habitude de fermer celui qui est en arrière.
    Ca a pour effet de contracter les muscles du bras (utile en cas de contre), mais çà fait perdre énormément en souplesse et en disponibilité (pour une saisie par exemple).

    Pour diminuer la taille des photos, tu as plusieurs solutions :
    - diminuer leur taille physique (largeur * hauteur)
    - diminuer la résolution (nb pixels/pouce)
    - augmenter la compression
    Toutes ces manips sont possibles sous un logiciel comme Gimp par exemple.
    Sinon, il existe des gratuiciels qui permettent de réaliser l'opération plus facilement.
    En voici 1 :
    http://www.clubic.com/telecharger-fiche19762-vso-image-resizer.html

    San
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    Re: DC's blog

    Message  San le Lun 4 Juin 2007 - 9:00

    Tu parle - Muye Dobo Tongji, les 18 armes? ce serais pas l'ars des
    경당 24 반무에 협희 du grand maitre Lim Dong Gyu?
    San Exclamation

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    Re: DC's blog

    Message  DC le Lun 4 Juin 2007 - 15:10

    @San,
    Bonne question. Effectivement, les 18 armes "à pied" et les 6 techniques équestres décrites dans le livre "Muye Dobo Tongji" sont la base même du programme de IM Dong-Gyu. Il a écrit quelques livres commentant le Muye Dobo Tongji, qui semble son sujet d'étude favori study
    Quant aux Gyeonddang auxquels fait référence le nom de la fédération que tu donnes, c'était une classe militaire du Royaume de Goguryeo, qui a donc existé jusqu'à la fin du 7ème siècle. Bien que sans rapport a priori avec le Muye Dobo Tongji, les Coréens ont toujours eu une admiration particulière de ces guerriers, experts au combat et à l'équitation, équivalent des Hwarang de Shilla.

    @Bouda,
    Merci pour les infos (un jour, je finirai bien par prendre des cours d'informatique Suspect )
    Pour l'histoire du poing fermé, chez nous, l'attaquant ferme systématiquement les poings alors que le défenseur a systématiquement les deux mains ouvertes (sauf cas particulier), main à la hanche incluse, doigts collés contre la hanche afin d'empêcher l'adversaire de les saisir. Pour moi, un bon Hapkido-in ne devrait jamais avoir le poing fermé (= sabre moucheté)

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    Re: DC's blog

    Message  San le Mar 5 Juin 2007 - 10:56

    [quote="DC"]@San,
    Bonne question. Effectivement, les 18 armes "à pied" et les 6 techniques équestres décrites dans le livre "Muye Dobo Tongji" sont la base même du programme de IM Dong-Gyu. Il a écrit quelques livres commentant le Muye Dobo Tongji, qui semble son sujet d'étude favori study
    Quant aux Gyeonddang auxquels fait référence le nom de la fédération que tu donnes, c'était une classe militaire du Royaume de Goguryeo, qui a donc existé jusqu'à la fin du 7ème siècle. Bien que sans rapport a priori avec le Muye Dobo Tongji, les Coréens ont toujours eu une admiration particulière de ces guerriers, experts au combat et à l'équitation, équivalent des Hwarang de Shilla.
    [quote]

    Exacte de plus le gouvernement Coréen a demander a cette fédé de faire le de temps en temps une démonstration sur une grande place en Corée en habits traditionnelle d'une relève de garde, je pense que c'est a coté du grand marcher de Séoul, de plus nous avons travailler avec c'est 1er disciples pendant 15 jrs un certain nombres d'armes et nous avons était inviter a kwanju ou habite GM Im Dong Kyu pour une grande démonstration de vieux styles Coréen et j'ai eu la grande surprise d'être inviter pendant 3 semaines dans sont dojang, j'ai vu les livres et celui du générale "chinois" Lee auquel ils fond référence .....
    San

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    Re: DC's blog

    Message  DC le Lun 18 Juin 2007 - 15:19

    Deux nouveaux sujets (mais, bon, il y en a un qui reprend exactement ce que j'avais mis dans un post sur ce forum)

    - Les Armes Collectives et les Instruments Traditionnels
    - Illustrations de la place des AM dans l'Armée et la Police Coréennes de nos jours

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    Re: DC's blog

    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:39

    Finalement, je me rend compte qu'il est un peu compliqué de consulter mon blog sur Kwoon (logging obligatoire, pas de retour d'info, ...). Je vais donc faire un double de ce que j'écris sur Kwoon (je le garde car je pense utile de faire découvrir les AM coréens à des pratiquants d'autres AM et pour ne pas rester dans notre bulle) sur Hapkidoin.

    Voilà, donc n'hésitez pas à faire des commentaires,des critiques, etc...

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    Le monde formidable des AM coréens

    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:41

    J'aimerais faire partager ici ma passion pour les AM coréens, apporter les résultats de mes (petites) recherches, mettre en lumière des documents et des photographies et faire quelques traductions.

    Alors, un nouveau blog ? Oui et non. Oui, parceque je mettrai beaucoup de moi-même (des impressions, des passages vécus) et non, parce que je ne voudrais pas étaler ma vie personnelle et rester dans le monde martial.

    Peut-être devrais-je me re-présenter : David, 34 ans actuellement, marié à une adorable Coréenne. J'ai suivi des études de japonais, ai appris le coréen avec mon épouse, sa famille et ses amis et voyage tous les ans entre 3 et 4 semaines en Corée, du côté de Seoul. J'ai commencé les AM par le Jûdô, puis le Shôtokan Karatedô, un peu de Yôseikan Bûdô et du Jûjutsu. Après avoir rencontré ma future épouse, je me suis intéressé aux AM coréens, alors totalement inconnus de moi. Je me suis mis au Hoshin Musul de I Gwan-Yeong (LEE kwan-Young) et enfin au Hapkido depuis plus de 5 ans. Je profite toujour de mes voyages en Corée pour pratiquer soit le Hapkido, soit d'autres AM (Taekkyeon, Seonmudo) ou pour découvrir d'autres pratiques en tant que spectateur.

    Pour moi, cette découverte m'a ouvert de nouveaux horizons martiaux. Ecrasée par l'influence de ses deux voisins, la Chine et le Japon, géants dans le monde des AM, la Corée a une place particulière d'entre-deux, s'inspirant de l'un et de l'autre et, dans le même temps, vecteur de transmission entre les deux. Même amputée d'une grande partie de sa culture martiale suite à l'occupation nippone, elle n'en est pas moins, à mon sens, riche de traditions et d'histoires, et elle a su rebondir, se reconstruire. Au milieu de "redécouvertes" parfois farfelues, parfois carrément copie conforme d'AM d'autres pays, on trouve de vraies exhumations archéologiques. Et ce sont celles-là qui m'intéressent finalement et que j'aimerais mettre en lumière au travers de ce blog.

    Quelques photographies pour commencer :






    Les développements dans les prochains épisodes ...

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    Muye Dobo Tongji 1

    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:42

    Muye Dobo Tongji



    Commençons ce tour des AM coréens par l'un des rares documents martiaux coréens qui soit parvenu jusqu'à nous. Il s'agit du Muye Dobo Tongji (Transmission en planches des arts guerriers (traduction très approximative), 무예 도보 통지, 武藝 圖譜 通志). Il a été terminé en 1790 (14ème année de Jeongjo) par I Deok-Mu (1741-1793) et par BAK Je-Ga (1750-1805). Leur but était de rassembler les différentes méthodes martiales pratiquées en Corée (ou plus particulièrement dans le Royaume de Joeon) et d'en faire une rapport de présentation.

    Il contient la description de 18 armes et de 6 techniques a cheval.

    les 18 armes

    1- la longue lance (Jangchang, 장창, 長槍)
    2- la longue lance en bambou (Jukjangchang, 죽장창, 竹長槍)
    3- la lance drapeau (Gichang, 기창, 旗槍)
    4-le trident (Dangpa, 당파)
    5- la perche-loup (Nangseon, 낭선)
    6- le sabre à 2 mains (Ssangsudo, 쌍수도, 雙手刀)
    7- le sabre aigu ou court (Iedo, 예도, 銳刀)
    8- le sabre japonais (Waegeom, 왜검, 倭劍)
    9- le sabre d'amiral (Jedokgeom, 제독검, 提督劍)
    10- le sabre national (Bongukgeom, 본국검, 本國劍)
    11- le double sabre (Ssanggeom, 쌍검, 雙劍)
    12- le sabre-lune (Weoldo, 월도, 月刀)
    13- le sabre-découpeur (Hyeopdo, 협도, 挾刀)
    14- l'épée avec bouclier (Deungpae, 등패, 藤牌)
    15- le baton-lance (Gonbang, 곤방, 棍棒)
    16- le baton-fléau (Pyeongon, 편곤, 鞭棍)
    17- le baton (Bong, 봉, 棒)
    18- la boxe (Gweonbeop, 권법, 拳法)

    les techniques équestres

    1- la lance (Gichang, 기창, 騎槍)
    2- le double-sabre (Masang Ssanggeom, 마상 쌍검, 馬上 雙劍)
    3- le sabre-lune (Masang Weoldo, 마상 월도, 馬上 月刀)
    4- le baton-fléau (Masang Pyeongon, 마상 편곤, 馬上 鞭棍)
    5- l'habileté équestre (Masangjae, 마상재, 馬上才)
    6- le jeu de précision (Gyeokgu, 격구, 擊毬)

    Je développerai dans les prochains posts chacune des 18 armes, ce post étant une présentation générale de l'ouvrage.

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    Re: DC's blog

    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:46

    Les Trésors de Bulguksa



    Bulguksa (le Temple du Pays de Bouddha ; 불국사, 佛國寺) est l'un des temples les plus connus et l'un des plus anciens toujours en activité de Corée (terminé en l'an 10 de l'ère du Roi Gyeongdeok, 751 après JC). Il est notamment connu pour contenir nombre de reliques anciennes et rares. Il a la particularité de représenter le symbole de la fin de la partition du pays en Trois Royaumes (Samguk Shidae, 삼국 시대, 三國 時代, -100 avant JC / +668 après JC). Il possède en outre quelques artéfacts de type "martial" et, de ce fait, on en trouve de nombreuses photographies dans beaucoup de livres d'AM coréens. Je me propose de vous en faire découvrir (ou redécouvrir) certains.

    Dabotap (다보탑, 多寶塔) et Seokkatap (석가탑, 釋迦塔)


    Ces Stupa, classiques dans des temples bouddhistes, marquent la progression de l'introduction du Bouddhisme dans la péninsule. Selon la légende, ces deux sculptures ont été réalisées par Asadal, un sculpteur de Baekje. Elles sont remarquables dans la mesure où leur style est très différent : avec son style complexe et raffiné, Dabop est typique du style du royaume de Baekje alors qu'avec son style épuré et frustre, Seokka est représentatif du style du royaume de Shilla. Les deux stupas présentes dans un seul temple symbolisent fortement l'unification des anciens royaumes en un seul pays.

    Cheonwangmun - la Porte des Rois Célestes (천왕문)
    Dans la cosmogonie bouddhiste, les 4 rois protègent le temple dans les 4 directions, ne laissant passer que le bien, empêchant le mal d'entrer.

    -
    Gwangmok Cheonwang (광목천왕,廣目天王), le Gardien de l'Ouest est le Roi qui "voit loin". Il tient un Dragon dans la main droite (le gardien) et une perle dans la main gauche (le Monde).

    -
    Damun Cheonwang (다문천왕, 多聞天王), le Gardien du Nord est le Roi qui "entend tout", celui qui a entendu le plus de paroles du Bouddha que n'importe qui. Il porte une Stupa à 5 étages dans sa main droite.

    -
    Jiguk Cheonwang (지국천왕, 持國天王), le Roi de l'Est est le Roi qui "tient (protège) le pays". Il porte une Bipa (비파, 琵琶), un sorte de luth coréen.

    -
    Jeungjang Cheonwang (증장천왕, 增長天王), le Roi du Sud est le Roi qui "grandit sans cesse". Son épée est censée se démultiplier autant qu'il y a d'adversaires.

    Seokkul'am - la Retraite de la Caverne de Pierre (석굴암, 石窟庵)


    Seokkul'am a été construite en même temps que le temple lui-même. La statue du Bouddha Amita (3,4 mètres de hauteur) fait face à la tombe sous-marine du Roi Munmu, le Roi de Shilla qui unifia la Péninsule en 660. Dans le monde martial, cette grotte est surtout connue pour ses deux gardiens (Geumgang Yeoksa, 금강역사, 金剛力士) : hauts de 2 mètres, en position de combat, ils représentent le Eum-Yang (음양, 陰陽, chin.: Yin-Yang, jap.: In-Yô), l'un bouche fermée, mains ouverte, inspirant ; l'autre bouche ouverte, main fermées, expirant. D'aucuns auteurs de livres sur les AM y voient des position du Taegweondo, d'autres des positions de Subak, d'autres encore des positions de Hapkido, la vérité étant certainement que ces positions ne sont typiques d'aucun AM en particulier et qu'on les retrouve aussi bien en Chine, qu'en Inde et au Japon...

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    Hapkido 1

    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:47

    Him Gi'ulligi ("ébranler la force", 힘기울이기)

    (librement traduit d'un texte de KIM I-Su sur le site hapki.co.kr)

    Him Gi'ulligi n'est pas une technique en soi mais c'est un mouvement qui, du fait de notre énergie, contient l'attaque et annule la force de l'adversaire. Si ce mouvement n'est pas utilisé, il sera difficile d'enchaîner avec la technique suivante. Dans son livre "Hapkisul" paru en 1962, le professeur KIM Jeong-Yun parle de 4 types de Him Gi'ulligi mais, dans "Hapkido" paru en 1978, les professeur MYEONG Gwan-Shik et KIM Jung-Taek en dénombrent 6. De nos jours, de nombreux professeurs et étudiants ignorent l'importance de ce mouvement et le confondent parfois avec la notion d'esquive. Or, l'esquive est une autre technique liée au Hapki. Si la technique est placée directement, c'est plus facile.

    Par contre, il ne faut pas confondre Hapki et Him Gi'ulligi. En fait, on ne peut approcher le concept de Hapki qu'au travers de ses nombreuses applications et l'une d'entre elles s'appelle Him Gi'ulligi. Le Hapki n'est pas limité à une discipline corporelle, il est l'union de Mom (le corps, 몸, 身) et de Maeum (le coeur, 마음, 心) au travers de Yushim ("coeur fluide", 流心). Him Gi'ulligi est un des moyens d'expression du Hapki via une action physique. Il est aussi parfois appelé Gi Ulligi ("écoulement de l'énergie", 기울이기) par le professeur KIM Jeong-Yun ou Jungshim Pae'atgi ("déplacer le centre", 중심빼앗기)

    Généralement, beaucoup pensent que Jungshin Pae'atgi ne concerne que la mobilisation de la balance des épaules de l'adversaire. Mais ceci n'est pas une vision complète. Mobiliser la balance des épaules n'est qu'une étape dans le Hapkisul (Aiki-jutsu). Basiquement, si l'on veut bien utiliser Him Gi'ulligi, il s'agit en outre de mobiliser non seulement les articulations de son dos, de ses épaules et de ses poignets, mais en concentrant sa force depuis les doigts de la main jusque dans les doigts de pied, de contrôler tous les mouvements de l'adversaire. Il s'agit, au moment de l'attaque, de bloquer un instant le mouvement des épaules ou du dos de l'adversaire afin de l'empêcher de continuer ou d'enchaîner ses attaques. Et en profitant de l'affaiblissement du centre de l'adversaire, cela facilite les mouvements de notre technique suivante.

    Quelques exemples de Him Gi'ulligi :

    - Daegak Seonmil Gisu ("pousser la main sur le côté", 대각선밀기수)


    - Ap Teu Gisu ("pousser vers l'avant", 앞뜨기수)


    - Teu Gisu ("pousser vers le haut", 뜨기수)


    - Dwi Teu Gisu ("pousser vers l'arrière", 뒤뜨기수)

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    Han Musul Ilbo 1

    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:48

    Premier cours de Hapkido en Corée

    Le lieu : devant les portes d'un Dojang de Hapkido au 3ème étage d'un immeuble commercial à Bundang, ville nouvelle et moderne de la banlieue de Seo'ul, Corée du Sud. Le temps : été 1999.

    La porte du dojang était là devant moi. Et pourtant j'hésitais à la pousser pour entrer. Ce n'était pourtant pas la première fois que je venais dans ce pays. J'y étais venu une première fois pour demander la main de Princesse Lumineuse à ses parents en 1997, puis une deuxième fois de manière éclair en 1998. Je connaissais donc relativement bien les coutumes locales. Ce n'était pas non plus la barrière de la langue, j'arrivais suffisamment à baragouiner de coréen pour me rendre intelligible et comprendre les conversations courantes. Pourtant, à ce moment-là, je ressentais une légère appréhension.

    Ca faisait deux ans que je pratiquais avec I Gwan-yeong (Lee Kwan-Young) ce qui allait devenir son Hoshin Musul et je voulais profiter de ce séjour d'un mois pour m'entraîner au Hapkido, et non faire de nouveau du simple tourisme. Ce n'était pas une mecque avec de "vieux Maîtres", pas plus que des stages pour Oeguk'in (étrangers, soit pompe à fric) qui m'intéressaient. Non, non, juste un Dojang normal avec des pratiquants normaux pour un cours normal. J'en avais cherché un pas trop loin de chez mes beaux parents et c'est seul (Princesse Lumineuse m'ayant signifié son profond désintérêt pour ma démarche) que je m'étais rendu devant ce dojang ce matin-là.

    La porte s'ouvre toute seule. La décision d'entrer ou non ne m'appartient plus. Un petit homme, la quarantaine, au corps compact, me propose d'entrer avec un large sourire. C'est le maître des lieux en personne. Son "vrai" métier est Han'euisa, médecin en MTC mais, bien qu'il n'aie pas l'air miséreux, il n'avait pas l'air de rouler sur l'or non plus. Il vivait avec femme et enfant dans une pièce au fond du Dojang. Avec lui, le contact s'établit très vite, peut-être le fait que je ne m'exprime pas en anglais qui l'aura détendu. Après s'être entendu sur le prix (pas du tout une ruine pour une vingtaine de cours d'une heure et demie chacun, cinq jours par semaine), il me propose de débuter immédiatement car les cours du matin sont plus spécifiquement orientés pour les adultes (les cours du soir étant pleins de ces collégiens et lycéens qui ont fini leurs cours).

    Les autres élèves arrivent au fur et à mesure. Les âges (de la trentaine à la soixantaine) et les situations sociales (du garde du corps au diplomate retraité, en passant par le prof d'anglais) sont très variés. Intrigués de voir un étranger parmi eux, chacun me bombarde avec une curiosité gourmande de questions. Gêné par tant d'attention (je suis plutôt d'une nature introvertie), je suis tout de même agréablement surpris de tant d'ouverture et de tant de marques d'affection. Les Coréens sont vraiment des gens accueillants et chaleureux dès qu'ils nous acceptent dans leur cercle.

    Le cours peut commencer; Premier constat : le dynamisme est vraiment privilégié ! Tout l'échauffement se déroule sans arrêt, enchaînant exercices sur exercices sans temps mort. J'ai tout de suite du mal à trouver mon souffle : température 35°C, taux d'humidité entre 85 et 90%. Je n'y suis vraiment pas habitué mais je ne peux pas, je ne dois pas lâcher, je représente l'Occident ici, que diable ! Suivent les vingt coups de pieds de base, à raison de cinq répétitions par jambes, toujours sans temps mort. Le prof annonce le coup de pied et tout le monde y va. Deuxième constat : ces gens-là sont faits en caoutchouc ! En France, je n'étais certes pas le plus souple mais là, je frisais le ridicule. On poursuit avec les roulades, acrobaties et autres coups de pieds sautés à la raquette. Là, je suis plus dans mon élément, j'ai toujours adoré le contact du sol sur mon dos et son "doux" massage. Seule différence avec la France : toujours pas d'arrêt pipi-boisson, une ligne est finie, on part en sens inverse : roulades avant, arrières, latérales, chutes plaquées avant, arrière, latérales, roulades inverses, retournées, sauts de tête, sauts de main, rondades, saltos arrières, flips (que je n'ai pas tentés) ; dwi'eo ap chagi, dwi'eo yeop chagi, dwi'eo chikkeo chagi, dwi'eo dwi dola chagi (le plus rigolo, car le plus casse gueule).

    Seuls trois quarts d'heures se sont écoulés. Je suis en apnée, mes jambes sont en feu et eux sont en pleine forme... Mais je n'ai pas lâché. Il me faudra quelques jours par la suite pour habituer mon corps à ce rythme.

    Mais les trois quarts d'heures suivants concernant la technique et bien que toujours en dynamique, le rythme est un peu moins soutenu. Clés et projections de base sont mon menu du jour. Et là, je brille un peu plus : peut-être est-ce culturel mais en France, l'attention est plus portée sur les clés et les projections que sur les coups de pied. A Seo'ul, la tendance est plus ou moins inversée (c'était mon ressenti de l'époque et je sais depuis que même en Corée, il y a des disparités de pratique fortes entre régions). Je n'étais guèreimpressionné par le travail des 3ème dan qui, certes, maîtrisaient parfaitement la "boxe" (sans doute avaient-ils tous un long cursus de Taekwondo-in) mais n'avaient à mon avis pas pleinement intégré les clés et projections. Ce qui me fait dire ça, ce n'est pas ma propre maîtrise (inexistante) mais le fait que lorsque je verrouillais un peu ma saisie, ils avaient du mal à s'en sortir et demandaient des conseils au prof. Lui, par contre, me passait ce qu'il voulait quand il voulait. Avec le sourire et en douceur, s'il vous plaît. C'était un autre niveau de maîtrise que celle de I Gwan-Yeong : lui aussi passait ce qu'il voulait mais j'ai toujours ressenti une certaine violence dans ses techniques, voire un certain plaisir à donner de la douleur (sans doute une manière à lui de nous y habituer...).

    Mon troisième constat : ce prof n'était en rien avare de ses connaissances, faisant toujours un lien entre ses techniques et la MTC (en douleur ou en guérison) et, entre deux exercices, démontrait variations sur variations. Vue la baisse générale d'intérêt des Coréens pour leurs AM, j'avais l'étrange impression de me retrouver face à une bibliothèque d'Alexandrie délaissée au fond d'un terrain vague, ne demandant qu'à offrir ses trésors. Il est bon de savoir que nombre de ceux qui enseignent les AM à plein temps en Corée sont des gens ayant raté peu ou prou leurs études et, bien qu'ils aient un statut d'enseignant, statut fort bien vu là-bas, on leur porte peu de reconnaissance (heureusement pour eux, les Occidentaux sont là). Mais lui, a contrario et en toute objectivité, il me semblait être un de ces passionnés, pleins de possibilité dans la vie, ayant fait le choix d'un certain sacrifice social pour assouvir sa passion.

    Le cours se finissait sur des assouplissements et de la méditation. C'est pendant ces étirements que je reçois le doux surnom de "Montagne". Non que je sois un grand costaud impressionnant mais bien parce que mon écart facial est le plus haut d'entre tous les élèves. Les traîtres, heureusement que je ne suis pas susceptible ! Quoi qu'il en soit, je me sens bien, le corps chaud et détendu, sain en un mot.

    Mais, ici, jamais un cours ne se finit sur cela. C'est l'heure de la pastèque ! Quel délice, quelle fraîcheur bien venue ! C'est aussi un moment de détente où l'on discute de tout, de rien, où même le maître se place au même niveau que tout les autres.

    Puis, on se dit tous "à demain". Il ne m'aura fallu qu'un cours pour être accepté parmi eux, un élève comme les autres. Pourquoi avais-je une appréhension déjà ? Ah, si, nombre d'explications du prof m'étaient complètement passées au dessus des oreilles par manque de vocabulaire. Il me fallait quand même achèter un livre de Hapkido en langue coréenne pour choper les termes qui me manquaient, ce que je fis l'après-midi même !

    Au grand dam de Princesse Lumineuse, je ne manquai par la suite qu'un seul des vingt cours suivants.


    La pause (pose) photo obligatoire

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    Hanguk Jeontong Gundae 1

    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:49

    Costumes militaires anciens

    Petit aparté introductif : au fur et à mesure qu'il avance, je me rend compte que ce blog prend quatre direction différentes : 1- les traditions militaires, et les traditions tout court, de Corée, 2- les AM traditionnels de Corée, 3- le Hapkido spécifiquement et 4- mes propres expériences et recherches martiales. Et j'ai la fâcheuse tendance de passer d'un sujet à un autre. Je me fais l'effet d'un chien poursuivant quatre lièvres à la fois. Mon impatience me pousse souvent à changer de sujet sans avoir fini le précédent, le reprenant plus tard, au gré de mes envies et de mes humeurs. Que l'on pardonne donc à ce blog son aspect décousu (apparent)

    Reprenons. Voici donc des photos tirées principalement du Musée de la Commémoration de la Guerre (Jeonjaeng Ginyeom-gwan, 전쟁기념관) et du Musée Populaire de Lotte (Lotte Minsok Banmul-gwan, 롯데민속박물관) présentant des costumes militaires et des armures de différentes époques. Ces photos sont tirées de cette excellente base de données photographiques présentant les instruments et oeuvres d'art traditionnels de Corée


    Costume de Hwarang de Shilla (신라화랑복), époque Samguk


    (Gyeongbeon Gapju, 경번갑주)


    Costume de Guerriers de Goguryeo (고구려무사복), époque Samguk


    (Gugun, 구군복), époque Joseon


    Lancier monté (Gima Janggun, 기마장군상), époque Gaya


    (Najol, 나졸복), époque Joseon


    (Duseopri Gapju, 두섭리갑주), époque Joseon


    (Dujeong Gapju, 두정갑주), époque Joseon


    Coiffe d'Officiel (Samo, 사모), époque Joseon


    (Soaeja Gapju, 쇄자갑주)

    Une première impression est l'écart impressionnant de style, passant du frustre au riche, du pratique à l'apparat, du sombre au coloré. Cela reflèterait-il une sorte de dichotomie dans la culturelle coréenne : une base provenant des peuplades et des cavaliers des steppes à laquelle serait venue se supperposer le protocole et le faste de la Cour de Chine ? Dichotomie que je crois avoir perçu dès mes premiers pas dans ce pays. Il y a là-bas un côté policé, civilisé, cultivé, confucianiste en un mot, en même temps qu'un côté bouillonnant, libertaire, contestataire, colérique. Je crois que c'est ce qui m'a plu tout de suite chez eux, une certaine ressemblance avec ce que je crois être.

    Ps : ce post s'étoffera de commentaires sur chaque costume au fur et à mesure. Simplement, chacun d'entre eux réclame de petites recherches poussées, ne serait-ce qu'au niveau des noms de quelques-uns d'entre eux qui sont du vieux coréen, donc introuvables dans un dictionnaire classique. Patience...

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    Muye Dobo Tongji 2

    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:50

    Jangchang - la lance longue


    à gauche, une lance coréenne, à droite, une lance chinoise

    La lance longue se trouve insérée au début et à la fin du Muye Dobo Tongji (2 planches). on dit d'elle que "celui qui la maîtrise règne sur les autres arts". La norme pour cette lance longue se situe aux environs de 4 mètres 50 (1 jang et 5 cheok). Au tout début, celle-ci ne présentait qu'une pointe en bois pour une longueur de 4,2 mètres mais l'arrivée du métal ajouta la dureté nécessaire pour la rallonger de quelques 30 centimètres. Cette modification eut probablement lieu lorsque les Coréens s'allièrent avec les Ming pour lutter contre l'envahisseur Japonais (Imji Waeran), ce qui est reporté dans la description d'une charge montée effectuée depuis le châteua de Pyeong'yang (fin du 16ème siècle).

    On trouve plusieurs types de lances longues, selon que l'on était de la piétaille ou un cavalier. Pour les cavaliers : Iwachang (fleur de prunier ou de poirier, lecture de hanja identique), Sagachang, Magachang, Geumgachang, Jangbishinchang, Ohyeonshinchang, Goedolchang, Goedochang, Amichang, Weolchang, Jiseolchang, ... Pour les fantassins : Somokchang, Yak'yuchang, Agyeongchang, Taeryeongpilchang, ...

    La hampe était de préférence taillée dans un arbre qui pousse en bord de mer (Jillyeo ?), ou par défaut dans du bois de mûrier ou d'érable.

    Voici ci-dessous les planches de début et de fin présentant deux formes de lance longue :



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    Hapkido 2

    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:51

    Kal Neokki - Poser le Sabre

    (texte librement traduit et images tirées du livre "Hapkido - Sulgi Gyobon - Chodanpyeon" de CHOE Sang-Heon)

    Kal Neokki (칼 넣기) est l'un des principes de base du Hapkido - Hapki Yukwonsul - et l'un de ses principes fondamentaux - dans la mesure où nombre de variantes en découlent. L'idée principale tient dans l'utilisation qui est faite du premier tiers de l'avant-bras, appelé Habak en coréen (하박) pensé comme une lame de sabre. Basiquement, la première technique découlant de ce principe s'applique au niveau du triceps de l'adversaire (qui a la paume tournée vers le ciel), trois doigts au dessus de son coude. Le but est d'appliquer le kal Neokki et de le descendre sur place.


    Au niveau applicatif, de nombreuses variations peuvent être trouvées, selon que l'adversaire nous tire ou nous pousse (Kal Neokki en réaction). Celui-ci peut donc s'appliquer en avançant sur l'adversaire ou en reculant.


    Enfin, le hapkido-in peut se retrouver de l'autre côté du bras de l'adversaire mais le principe utilisé reste un kal Neokki.


    L'initiative doit cependant rester qu Hapkido-in. Ainsi, si variation il doit y avoir, ce doit être son choix, en fonction des circonstances (Kal Neokki en action). Les principales variations sont les suivantes :

    - Kal Neokki appliqué vers le haut

    - Kal Neokki appliqué au niveau du poignet


    - kal Neokki appliqué dans la saignée du bras (très pratique sur interception, par exemple. Peut s'appliquer à l'intérieur ou à l'extérieur de l'attaque.



    Dans cet exemple, nous avons l'application de deux principes a minima : Kal Neokki et Him Gi'ulligi )

    - Kal Neokki appliqué au niveau de la cheville


    Enfin, si on élargit un peu le concept de sabre, on retrouve des applications sur des frappes ou des blocages. Ainsi des attaques de l'avant-bras (Habak chigi 하박 치기, bien que le dessin ne soit pas très suggestif, on "sent" l'attaque de l'avant-bras, ceci n'est pas un Sudo)

    Ou bien le fameuse interception en double sabre (Ssanggeom makki, 쌍검 막기), qui peut aisément se transformer en une interception et une attaque à la gorge simultanément, selon la distance (le dessin suggère ici plutôt une interception en Sudo mais l'interception peut se faire de manière plus efficace avec le premier tiers des avant-bras, manière facile à transformer en une saisie de la manche, du biceps ou du poignet dans la continuité du mouvement).


    Il manque ici les immobilisations au sol utilisant le Kal Neokki, les clés de cervicales en repoussant le menton avec le Habak, le blocage des hanches de l'adversaire lorsque celui-ci tente de nous projeter, etc... Plus toutes les pressions de l'avant-bras sur de nombreux points douloureux répartis sur le corps humain.

    Vous l'aurez compris, il s'agit de différentes applications d'un même principe : imaginer que son membre distal est une lame de sabre. C'est pourquoi dans le vrai Hapkido, la main est la plupart du temps ouverte (on peut indifféremment frapper avec Sudo ou Habak, en interne (an) ou externe (bakkat)). La fermer, c'est "laisser le sabre dans le fourreau". Partant de là, imaginer que les jambes peuvent fonctionner sur le même mode, il n'y a qu'un pas... qui a déjà été franchi il y a longtemps : elles sont tout aussi capables d'appliquer des techniques de clé ou des frappes "cinglantes" (notamment les Balnal Cha Olligi et Balnal Cha Naelligi), en utilisant la même "tournure d'esprit".

    D'un principe naissent dix-mille techniques

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    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:52

    Les Armes Individuelles Traditionnelles

    Dans ce post, j'aimerais faire un petit catalogue à la Prévert des principales armes qu'on peut trouver dans les musées de Corée.

    1 - les épées et les sabres

    Armes par excellence de l'aristocratie, qu'elle fut aristocatie d'épée ou de robe. A l'origine droites, elles tendront à se courber, car mieux adaptées au fauchage à partir d'une position montée sur un cheval.


    Dunggeun Gorikal - Epée à anneau "circulaire" (둥근고리칼), âge du fer (antérieur aux Trois Royaumes)

    Gorikal - Epées dites avec anneau (고리칼, de 70, 73 et 83 cm), de l'époque des Trois Royaumes

    Détail de la poignée du sabre du Roi Munyeong de Baekje, époque des Trois Royaumes

    Sa'ingeom - Epée de Lettré (사인검), époque Joseon

    Sam'indo - Sabre dit de trois hommes (삼인도), époque Joseon

    Chilseonggeom - épées des Sept Etoiles (칠성검), époque Joseon

    2 - les arcs et les flèches

    Issus des tribus nomades, l'arc est une des armes de base de la classe guerrière. Utilisés aussi bien pour la chasse que pour la guerre, ils sont plus courts que les arcs japonais mais ils possèdent une portée de tir plus importante.


    Matériel de tir à l'arc et carquois, époque Joseon

    Hoasal - différents types de flèches (화살), époque Joseon

    3 - les lances et armes longues


    Seokchim, seokchok - épingles en pierre, têtes de lance en pierre (석침·석촉), époque de bronze

    Soedogi-chang - Pointe de trident et de lance en fer (쇠도끼·창), époque du fer

    Euijangdo - hallebarde (의장도), époque des Trois Royaumes

    Cheongryongdo - "sabre" Dragon (청룡도), époque des Trois Royaumes

    Dangpa et Gichang - Trident et lance-drapeau (당파, 기창), époque Joseon

    Pyeongon - les bâtons fléaux (편곤), époque Joseon

    4 - les autres armes


    Yukmo Bangmang'i - massues hexagonales (육모방망이), époque Joseon. Utilisées principalement pour le maintien de l'ordre public.


    Jochong - fusil (조총), époque Joseon. Bien que les Coréens aient eu connaissance de cette arme sensiblement à la même époque que les Japonais, ils lui accordèrent peu d'intérêt et peu de valeur. Ils n'équipèrent donc que peu de troupes de cette arme. Ce retard technologique combiné avec le mépris de la chose militaire par les lettrés confucianistes entrainèrent la fin de la dynastie I (Lee) quand les Japonais décidèrent d'envahir le royaume de joseon à la fin du 19ème siècle.

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    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:53

    L'Histoire des Arts Guerriers Equestres de Corée



    Je ne pouvais décemment pas faire un blog sur les AM coréens sans aborder leur relation aux chevaux. Bien sûr, je reviendrai plus tard sur chacun des arts équestres présents dans le Muye Dobo Tongji, mais une petite introduction historique me semblait intéressante à ce point du blog. Dont acte.

    (Librement traduit de l'excellent site Chunghongdang.com)

    Concernant les arts militaires montés, il est difficile de savoir exactement à partir de quand ils sont devenus effectifs. Mais l'on connait l'existence des Gibyeong (기병, 騎兵, littéralement des militaires montés) du royaume de Buyeo, se battant à dos de cheval avec des arcs, des épées, des lances, montant des chevaux réputés (Myeongma, 명마, 名馬). On trouve relatées dans les archives des scènes de dressage de chevaux vers le 5-6ème siècle avant Jésus Christ. Ces chevaux étaient montés indifféremment pour la chasse ou la guerre.

    Avant l'époque des Trois Royaumes, on sait que des batailles montées se sont produites contre les peuplades nomades, elles-mêmes expertes en équitation. Notamment le royaume de Goguryeo eut à affronter les Bukbang (barbares du Nord ?) avec l'aide des Gibyeong. Ce faisant, l'art militaire équestre s'y trouva très fortement développé.

    Ainsi, le Royaume de Goguryeo était très réputé pour la haute estime dans laquelle y étaient tenus les arts équestres. Ce fait était notamment dépeint dans le Tableau des Chasseurs (Suryeopdo, 狩獵圖) que l'on peut voir dans une tombe de Goguryeo (actuellement dans les frontières chinoises) : on y voit notamment 4 cavaliers chassant à l'arc, l'un tirant sur un tigre ou un autre sur une biche ; les saisons y semblent être le printemps et l'automne.



    D'un autre côté, à cette même époque, Shilla et Baekje n'étaient pas si avancés dans les arts équestres. Il n'y a pas par exemple de trace que des chevaux ont été utilisés pour la chasse (mais rien ne prouve le contraire non plus - ndDC) mais, dans les archives, il y est indiqué qu'il y eu des batailles montées. De l'époque de Shilla unifiée, il reste encore de nombreuses statuettes représentant des guerriers menant leur cheval à la chasse ou de cheval seul. Dans le "Samguk Sagi", de nombreux passages décrivent encore les cavaliers de Goguryeo, de Shilla et de Baekje, leurs vêtements, leurs équipements, leurs selleries.

    A l'époque Goryeo, on trouve des troupes de cavaliers nommées Shingigun (신기군, 神騎軍, littéralement l'Armée montée des Dieux). Par exemple, lors de la 9ème année de son règne (1104), Sukjong, sur les recommandations de Yungwan, envisagea de détruire le royaume de Yeojin (?, royaume qui visiblement faisait des raids par vagues ininterrompues sur son voisin - ndDC). Au milieu de chaque unité montée était placé un Shingigun. Afin d'impressionner et de défaire les cavaliers de Yeojin, les Shingigun rassemblèrent tous les nobles militaires et civils, les marchands, les esclaves et les autres hommes valides. Ils les armèrent et les organisèrent comme des cavaliers. Un nommé CHOE U les entraîna chaque jour jusqu'à ce qu'ils y prirent de l'aisance. Il s'attira ainsi une forte réputation d'instructeur et d'organisateur de troupes montées.

    C'est visiblement à l'époque Goryeo que les guerriers, afin de s'entraîner à l'équitation, développèrent le Gyeokgu (sorte de jeu de polo). C'est en tout état de cause à cette époque que ce jeu devint très en vogue.

    Durant la période Joseon, l'équitation demeura l'un des arts martiaux les plus importants, ainsi que l'art de la chasse. Malgré l'apparition des armes à feu, ce prestige dura. Ainsi, le Roi Sejong encouragea la pratique du Gyeokgu à fin militaire en déclarant : "Un homme devenant bon en Gyeokgu saura aussi bien monter à cheval et y tirer à l'arc que manier la lance et l'épée". Ainsi, la pratique du Gyeokgu fut-elle perpétuée avec engouement par les militaires de cette époque comme l'un des arts martiaux les plus importants.

    Au 18ème siècle, le Shôgun Tokugawa invita BAK Gyeong-Haeng (박경행(朴敬行), un cavalier célèbre pour son habileté à l'équitation (Masangjae), à venir au Japon pour y démontrer son art. Cette habileté équestre deviendra l'une des disciplines enseignée au sein de l'école Daihei Honryû (大坪本流)


    Démonstration de BAK Gyeong-Haeng par un peintre japonais

    De nos jours, la pratique de l'équitation traditionnelle s'est perpétuée et se distingue maintenant en 3 pôles d'étude :
    - les Arts Martiaux à cheval (Masang Muye, 마상 무예, où l'on retrouve les techniques décrites dans le Muye Dobo Tongji, ainsi que le tir à l'arc)
    - le Polo traditionnel (Masang Gyeokgu, 마상 격구)
    - l'habileté équestre (Masangjae, 마상재)



    Développements à suivre...

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    Hapkido 3

    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:54

    Son Salligi - Faire vivre la main

    (Librement traduit du livre "Hapki Yeongu" de KIM I-Su et du livre "Hapkido - Sulgi Gyobon - Chodanpyeon" de CHOE Sang-Heon)

    Son Salligi (손 살리기) est peut-être le principe le moins spectaculaire du Hapkido, en même temps qu'il est l'un des plus fondamentaux. En effet, il repose sur l'idée que les mains sont constamment en mouvement, c'est à dire sous tension ("en plein de Ki") que ce soit lors de l'application, entre autres, des principes de saisie (Japneun Bangbeop - 잡는 방법) ou des principes de mouvements en cercle (Weon undong eui Sunri - 원 운동 의 순리), mais qu'en aucun cas une main ne doit rester morte ("sans écoulement de Ki"), même la main qui ne serait pas impliquée dans une action.

    1 - Napalkot - le principe du Volubilis (나팔꽃)



    Le Volubilis est une image que les Hapkido-in devraient avoir en mémoire pour se représenter cette forme de main. Fleur venue de Chine, elle était connue pour son usage médical.Cette plante grimpante a la particularité de "coller" à son environnement et sa fleur s'ouvre très tôt dans la mâtinée pour se refermer le soir très tard.


    Voici la forme que devrait prendre la main à tous moments. La main se développe comme le Volubilis, ou comme le disait le professeur CHOE Yeong-Sul "Faites comme les baguettes de l'éventail que l'on déploie".



    Pour les débutants, c'est un mouvement simple à appréhender mais qui pourtant demande à être travaillé en permanence. Comme le montrent les photos ci-dessus, les principales erreurs de débutant sont : les doigts beaucoup trop écartés (diffusion de l'énergie au lieu de sa concentration), les doigts en "griffe de tigre" (qui concentrent l'énergie sur le bout des doigts) ou les doigts trop tirés vers l'arrière (qui concentrent l'énergie dans la paume).

    Par la suite, il convient de diriger cette main selon la direction que l'on veut lui faire prendre : par exemple, ci-dessous, vers le haut (rotation autour de l'axe du pouce) et vers le bas (rotation autour de l'axe de l'auriculaire) :



    2 - Japgi - les saisies

    Il s'agit de saisir l'adversaire sur n'importe quelle partie de son corps, de la même manière que le feraient un joueur de golf avec son club, un joueur de tennis avec sa raquette ou un sabreur avec son sabre. Il ne s'agit donc pas d'avoir une poigne forte mais il s'agit d'adhérer à l'adversaire de manière à bloquer ses mouvements. Comme dans les sports cités précédemment, la saisie ne se fait en principe pas avec le pouce et l'index. Dans le cas du sabre, la saisie se fait avec l'annulaire et l'auriculaire serrés, le majeur serrant de manière plus détendue et le pouce et l'index saisissant sans coller (NdDC : sans force, mais nous verrons plus bas que ceux-ci peuvent avoir un rôle de pression ; par contre la saisie réelle se fait avec les derniers doigts)


    Les deux premières photos présentent une saisie de main (au niveau du tranchant de la main de l'adversaire) où le pouce fait pression sur le muscle à la base de son pouce (Hapgokbu Japgi - 합곡부 잡기), le contrôlant ainsi parfaitement.
    La troisième photo présente le principe de "recouvrement du poignet" (Sonmok Geolchigi - 손목 걸치기). C'est un mouvement très important à travailler car les débutants ont tendance à mettre trop de force dans cette saisie, alors que, ce faisant, l'adversaire concentrera sa force sur son poignet, rendant difficile l'application de toute technique. Deux autres applications ci-dessous, dont la dernière avec deux mains :




    Enfin, une dernière application avec pression du pouce sur le dos de sa main. Aucune de ces techniques de saisies ne peut se faire sans concentrer l'énergie dans sa propre main, il convient donc de mettre toujours de la vie dans ses mains.


    Un détail de la saisie d'un poignet... Notez la position des doigts...

    3 - Sonmok Paegi - les sorties de saisie du poignet

    Lorsque l'adversaire saisit mon poignet ou toute partie du corps, dès que le contact est établi, les mains se mettent à vivre (énergie + mouvement). Basiquement, il convient de se déplacer là où l'adversaire applique le moins sa force. Nous présenterons juste quelques techniques de sortie de poignet de base ci-dessous (par le bas, par le haut, par le côté) :





    4 - A'uk Neokki/ Hyeldobeop - Pression de l'index/ Principe des ponts de pression

    Pour finir cet article, la main vivante doit la plupart du temps pouvoir appliquer des pressions douloureuses sur l'adversaire de manière à briser sa concentration et à faciliter le passage de techniques. La manière la plus courante est l'application d'une pression avec la base de l'index tendu, principe dénommé A'uk Neokki (아욱 넣기) tel que montré ci-dessous :



    Enfin les pressions sur les point douloureux (Hyeoldobeop, 혈도법) peuvent être effectués avec de nombreuses parties du corps qui soit un peu pointues (coude, genou, menton, doigts, ...) mais la plupart du temps, celles-ci sont effectuées avec le pouce tel que montré dans l'exemple ci-dessous :


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    Hanguk Jeontong Gundae 4

    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:55

    Les Armes Collectives et les Instruments Traditionnelles

    Je continue un peu, en attendant que se terminent quelques traductions en cours, sur un inventaire photographique d'armes anciennes de Corée. La Corée a souvent été décrite comme un pays un peu arriéré quant à son acceptation de la modernisation, et notamment quant à la modernisation militaire. C'est en partie vraie : largement influencés par les pensées confucéennes durant l'ère Joseon, les différents gouvernements ne montrèrent que peu d'intérêt pour la chose militaire. Pour eux, la lame sortie de son fourreau était la source de tous les maux et les armes étaient des outils qu'il valait mieux tenir le plus éloigné possible de soi.

    Pour autant, les Coréens étaient un peuple curieux de tout et ouvert aux avancées technologiques. Plus d'une leur sauvèrent la mise lors de confrontations car, malgré leur bravoure, leur ténacité et leur sens diplomatique reconnus par leurs voisins, leur petit nombre ne pouvait suffire à contenir les appétits de leurs encombrants voisins. Le seul défaut à cette envie d'apprendre aura été à mon sens le manque d'envie de passer à un stade industriel de grande échelle.

    Quai qu'il en soit, voici un échantillon de ce que l'Histoire aura su préserver :

    1 - les navires


    Geobukseon - le bâteau Tortue (거북선), époque Joseon. Grâce à l'Amiral I Sun-Shin, ce fut ce type même de navire qui mena à la victoire lors des deux tentatives d'invasion de la fin du 16ème siècle exécutées par le Shôgun TOYOTOMI Hideyoshi. Ce bâteau était étonnant de modernité : artillerie embarquée pour des attaques à distance (et non des éperonnages comme il était de coutume de faire à cette époque, 12 pièces par bord), protection d'une carapace blindée et étanche, fumigènes sortant de la gueule de la proue (gazs suffocants et brouillard artificiel), dispositifs anti-éperonnages et anti-abordages, 22 meurtrières pour les tirs de mousquet. Il avait deux allures : l'une de route avec deux mâts rabattable (escamotables ?) et rames et une de combat où les mâts étaient rabattus, uniquement à la rame, les rameurs étant totalement protégés contre les tirs de flèches. Dans ce dernier cas, il ne restait qu'un petit mât sorti pour y pendre les têtes des amiraux japonais capturés puis décapités. Il apparaît que malgré tout cet attirail, ce bateau était remarquablement raoide et manoeuvrable par rapport à ceux de cet époque (et notamment comparé aux navires de type Atake avec leurs château de trois à cinq étages).


    Gyeondang Muyeokseon - Navire de commerce "militaire" (견당무역선)

    2 - l'Artillerie


    Bullanggi - un "Cracheur de Feu" (불랑기), époque Joseon


    Sajeon Jangchongtong - Canon long (사전장총통), époque Joseon


    Sam'anchong - mortier (삼안총), époque Joseon


    Sam'yeon Japo - canon à trois bouches (삼연자포), époque Joseon


    Oyeon Japo - canon à cinq bouches (오연자포)


    Jungpo - canon lourd (중포), époque Joseon.


    Shingi Jeonhwacha - lance "fusées divines" (신기전화차), époque Joseon; Une sorte d'ancêtre de lance-roquettes qui permettait de tirer de nombreuses lances à très longue distance.

    3 - Divers objets


    Samyeonggi - drapeaux de guerre (사명기), époque Joseon


    Yeojado - plan d'époque (여자도), époque Joseon. Plutôt pas trop mal réussi pour l'époque.

    Comme vous pouvez la voir, à l'instar du Japon, la Corée n'était pas si ignorante des nouvelles technologies militaires. Ce qui lui aura certainement manqué, c'est la volonté de développer ces armes, dû à une culture qui répugnait au combat (lui préférant la littérature et l'art) et à l'absolue conviction que le Grand Frère chinois saurait le protéger (après tout, la Corée lui payait un tribut en signe d'allégeance et en échange de sa protection ; mais la Chine n'allait bientôt plus pouvoir assurer sa propre protection). Il aura fallu l'électrochoc de l'occupation et de la guerre fratricide avec le frère du Nord pour que les Coréens reconsidèrent la place de l'armée dans sa culture.

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    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:57

    Illustrations de la place des AM dans l'Armée et la Police Coréennes de nos jours

    En aparté de la vision traditionnelle que je souligne dans ce blog, je trouve intéressant de montrer ce qui se fait de nos jours dans les milieux policiers et militaires. Tout d'abord afin que l'on puisse se rendre compte de l'écart avec ce qui s'apprend dans le civil. Ensuite, afin de constater que les "professionnels" coréens n'ont pas complètement coupé les liens avec leurs AM traditionnels et on reconnaîtra aisément une certaine "patte" coréenne à beaucoup de techniques commando ou policières.

    1 - les Militaires

    Bon, c'est certainement un peu bizarre de distinguer martial de militaire, mais c'est comme ça : les arts martiaux qui sont pratiqués aujourd'hui dans le civil se sont nettement différents de ce qui est pratiqué dans l'armée. Alors juste quelques petits films pour se remémorer nos liens avec la chose guerrière.

    D'abord, un petit film sur un AM nommé Gyeoksul. Pas mal de choses très intéressantes...

    http://www.youtube.com/watch?v=YoCiKKCB8bQ

    Ensuite, le fameux Teukkong Musul, avec des Danjeon Hoheupbeop un peu spéciaux au début :

    http://www.youtube.com/watch?v=8_vXUnYz50w

    Un film sur une démonstration militaire : une forme de couteau et beaucoup de casses :

    http://www.youtube.com/watch?v=LmxLGhvNyFw

    Ensuite, un reportage japonais sur l'entraînement des militaires nord-coréens. Assez largement propagande mais, perso, j'aimerais pas le suivre...

    http://www.youtube.com/watch?v=GqlEtjYwNYk

    Le 707th Special Forces, spécialisé dans l'anti-terrorisme. Tout simplement impressionnant

    http://www.youtube.com/watch?v=O4XhdqJyyF8

    Un film de "promo" sur les Forces Spéciales Coréennes : très intéressants sur beaucoup de points

    http://www.youtube.com/watch?v=yD4s7zkI_kg

    Un film purement sur l'armée sud-coréenne. Juste pour se remémorer que, malgré tout notre entraînement, on est bien peu de chose face à un déluge de fer et de feu...

    http://www.youtube.com/watch?v=HZfiGkRSFN0


    2 - les Policiers

    On commence avec les groupes d'intervention (ici le 868 th Gyeongchal Teukkong-dae) :

    http://www.youtube.com/watch?v=8bR1w9PDwRM

    Un autre reportage, avec l'inévitable Teukkong Musul :

    http://www.youtube.com/watch?v=-2HCg8Svpz0

    Les fameuses manifestations coréennes. En tous cas, j'ai compris pourquoi il est bon de s'entraîner aux défenses contre sabre quand je vois les manifestants et leurs barres de fer + les attaques avec bouclier

    http://www.youtube.com/watch?v=uDIyPSxUpdE

    Un entraînement anti-manifestations avec bâton et bouclier dans la première video et les charges proprement dites dans la deuxième :

    http://www.youtube.com/watch?v=_AshcDGa234
    http://www.youtube.com/watch?v=Ns-StY31FSs

    DC
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    Message  DC le Mer 18 Juil 2007 - 8:59

    Les coups de pied de base du Taekkyeon

    La deuxième des caractéristiques des AM coréens, après (ou avant, c'est selon) l'équitation militaire, est certainement l'emphase portée sur les coups de pied. La raison m'échappe un peu : prédisposition physique, culturelle ? Toujours est-il que pour en faire une présentation, le Taekkyeon semble idéal. AM ancien, tout à fait spécialisé dans les coups de pied, le Taekkyeon semble utiliser toutes les ressources offertes par les jambes. Bien que le Hapgido en propose lui aussi une grande diversité, il existe de nombreuses différences en même temps que de similitudes. Pour l'instant, ce post se concentrera sur les coups de pieds "de base" (entre guillemet, car il y en a beaucoup d'autres et je vais en présenter quelques-uns qui ne sont pas aussi basiques que cela).

    Texte librement traduit et photographies tirées du livre "Taekkyeon" de I Yong-Bok

    Les anciens poêtes disaient "백기신통비각술" (les 100 techniques de jambes Volantes transmises par les Dieux- ndDC) pour décrire les coups de pieds inégalables du Taekkyeon. Par ce dicton, on pourrait comprendre que le Taekkyeon ne comporte que des techniques de jambes, ce qui est partiellement faux. Pour autant, concernant les techniques de jambes (발질, Baljil) du Taekkyeon, l'on peut frapper (자기, Jagi), piquer (치기, Chigi), écraser (밟기, Balpgi), pousser (밀기, Milgi), tirer (당기기, Danggigi), faucher (깎아내리기, Kak'anaerigi), soulever (뛰어오르기 Twi'eo'oreugi), marcher (걷기, Geotgi) jusqu'à ce que cela devienne aussi naturel que d'utiliser les mains. Sauf que les jambes sont trois fois plus puissantes que celles-ci.

    Si l'on considère que la force est une résultante de la vitesse et de la masse, même si la masse d'une jambe est plus importante que celle d'un bras, la puissance à vitesse égale n'est pas très différente. Pour les jambes aussi, c'est la vitesse qui importe. Mais la vitesse ne résulte pas de la force des jambes. C'est par la torsion du bassin, par le déplacement du centre (중심, Jungshim), par la flexibilité de la jambe, par la détente corporelle qu'on y parvient. Mais, malgré que les jambes soient plus lourdes et plus fortes, du fait que leur rôle est de maintenir l'équilibre du corps, les techniques de jambe sont beaucoup plus difficiles à utiliser que celles de mains.En particulier, à la différence du Taekwondo qui les interdit dans ses compétitions, il est en Taekkyeon une responsabilité d'éviter les saisies ou les poussées de l'adversaire lors des attaques de jambe.

    Les coups de pieds du Taekkyeon ne sont pas exécutés de manière à casser ou à percer l'adversaire, ni rectilignes ; mais à le déstabiliser, de manière circulaire, car bien que connaissant précisément les points vitaux, il n'est pas dans la philosophie du Taekkyeon de terminer la vie de son adversaire. Les coups de pied sont en outre donnés sans faire jouer ni les muscles, ni les articulations.

    Coups de pied de base

    1- Geot'eo chagi (coup de pied en marchant, 걷어차기) : coup de pied en avançant, de manière à toucher le torse de l'adversaire avec le plat du pied.


    2- Chae Chagi (coup de pied "déchirant", 째 차기)


    3- Huryeo Chagi (Coup de pied "cinglant", 후려 차기)


    4-Geot'eun baljil (걷은 발질)


    5- Nae chagi (Coup de pied descendant, 내 차기


    6- Bal Tagwi (Gifler avec le pied, 발 따귀)


    7- Neunjilleo chagi (는질러 차기)


    8- Yeop baljil (Coup de pied latéral, 옆 발질)


    9-Sotgu chigi (s'élever, 솟구 치기) : cette technique s'utilise indifféremment pour esquiver une attaque ou pour la bloquer.


    10- Dolgaejil (S'lever en tournant, 돌개질) : à l'instar du coup de pied précédent, il peut être utilisé pour esquiver ou bloquer tout en donnant une position d'où peuvent partir des coups de pieds retournés)


    11- Geoputanjuk (croche-pied , 거푸딴죽) : coup d'arrêt ou pour écraser le pied de l'adversaire.


    12- Dubal dangseong (Coup de pied double, 두빌 당성)


    13- Kak'eum geol'i (Crochet frotté, 깍음 걸이) : coup de pied frottant le tibia depuis le genou jusqu'à la cheville.


    14- Nakshi geol'i (Crochet pêché, 낚시 걸이) : pour crocheter derrière un genou par l'intérieur ou par l'extérieur.


    15- Anchang geol'i (Crochet rapprochant, 안짱 걸이) : attrappe et attire la jambe adverse vers soi.



    16- Batjang dari (밭장다리)


    17-Chaeksang geol'i (책상 걸이)


    18-Mureup ollyeojaegi (Coup de genou montant, 무릅 올려재기)


    Ps : désolé, quelques expressions m'échappent, je vais faire un peu de recherches...)

    Dans un prochain post, j'aborderai le travail des coups de pied à deux. C'est à mon avis surtout là que le Taekkyeon démontre le mieux son savoir-faire avec les coups de pied.

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    Message  inkman le Sam 21 Juil 2007 - 10:25

    DC a écrit:Finalement, je me rend compte qu'il est un peu compliqué de consulter mon blog sur Kwoon (logging obligatoire, pas de retour d'info, ...). Je vais donc faire un double de ce que j'écris sur Kwoon (je le garde car je pense utile de faire découvrir les AM coréens à des pratiquants d'autres AM et pour ne pas rester dans notre bulle) sur Hapkidoin.

    Voilà, donc n'hésitez pas à faire des commentaires,des critiques, etc...
    Oh vazi, c'é coi cteu lengue deu batar, j'comprans rien! on voa maime pa Bruse li , sé nule. E bouphon, coman tu fé pacer l'énairji dan tes mins quend tu nic l'ot batar là?

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    Message  inkman le Sam 21 Juil 2007 - 10:42

    DC a écrit:Finalement, je me rend compte qu'il est un peu compliqué de consulter mon blog sur Kwoon (logging obligatoire, pas de retour d'info, ...). Je vais donc faire un double de ce que j'écris sur Kwoon (je le garde car je pense utile de faire découvrir les AM coréens à des pratiquants d'autres AM et pour ne pas rester dans notre bulle) sur Hapkidoin.

    Voilà, donc n'hésitez pas à faire des commentaires,des critiques, etc...
    Euh pardon. Je disais donc ô DC, notre lumineux doigt qui montre la lune, combien j'étais impressionné par la qualité de tes interventions sur ce lieu de méditation de groupe, et nonobstant (je sais, pas très global comme voc) certains commentaires à juste titre orientés résolument vers l'avenir, car il faut aussi s'en préoccuper, je tenais à t'en féliciter. Pourrais-tu parler plus en détail des aspects énergétiques de ta pratique, et de certains enseignements reçus en ju-jutsu par exemple, de même que de techniques bouddhiques.

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    Re: DC's blog

    Message  DC le Sam 21 Juil 2007 - 22:29

    @Inkman,

    Donc, comme beaucoup de fins lettrés et poêtes, tu dois être toi aussi porté sur la bouteille Laughing

    Sinon, pour te répondre, l'énergie, peut-être cela fera-t-il l'objet d'un post prochain. Je vais chercher des articles intéressants à traduire (car comme tu auras pu le remarquer, ce blog est très peu centré sur ma personne, je n'y vois pas beaucoup d'intérêt. Par contre, j'ai toute une littérature à traduire en français écrite par des personnes autrement plus qualifiée que je ne pourrai l'être study ).

    Fais attention à ton vocabulaire, tu pourrais te retrouver banni pour utilisation de mots inconnus de la majorité des forumeurs Razz

    DC
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    Muye Dobo Tongji 3

    Message  DC le Ven 3 Aoû 2007 - 22:52

    Muye Jebo Beon'yeok Sokjip



    J'aimerais parler un peu d'un traité militaire antérieur au Muye Dobo Tongji, et dont il ne reste qu'un seul exemplaire au monde, précisément à la bibliothèque de l'Université Gyemyeong de Daegu. Ce document a été classé Trésor national numéro 1321.

    Le Muye Jebo Beon'yeok Sokjip (무예 제보 번역 속집, 武藝 諸譜 飜譯 續集), que l'on peut traduire par le "Supplément Traduit au manuel des Arts Militaires", a été compilé par CHOE Gi-Nam (최기남), un officier du corps Hunlyeon Dogam (훈련도감, corps d'instruction militaire) sous le règne du Roi Gwanghaegun (광해군) en rattachant à un manuscrit existant (le Muye Jebo Sokjip en l'occurence) un manuel militaire provenant du Japon nommé Ilbongo (日本考, jap : Nipponkô).

    Le Roi Seonjo (선조), réalisant l'importance des arts militaires et des principes de conduite des armées après l'Imjin Waeran (임진왜란, tentative d'invasion de la Corée par les Japonais en 1592), ordonna au Hunryeon Dogam de publier un manuel militaire nommé Muye Jebo en 1600 dans le but de vaincre les Japonais. Il ordonna ensuite en 1604 de publier un supplément avec les informations manquantes dans la version de base mais il mourut avant sa réalisation.

    Son fils, le Roi Gwanghaegun, termina l'oeuvre conformément au souhait de son père. Il rajouta ainsi les 4 livres rapportés par un certain KIM Su-Ga dont les sujets étaient la topographie, Jiji (지지, 地志), les coutumes locales, Tosok (토속, 土俗), les techniques militaires, Gusul (구술, 寇術) et le sabre, Geomje (검제, 劍制).

    Ce livre, dernier exemplaire existant, est un matériau d'importance aussi bien pour l'étude des AM et des techniques militaires de la mi-période Joseon que pour l'étude de la langue coréenne du 17ème siècle.
    Et pour toi, public, puisque tu es bon avec moi, permets-moi de t'offrir en exclusivité française (certainement) moult pages du document original commenté et traduit en coréen moderne (mais bon, les images sont parlantes) : clique ici (je ne sais pas combien de temps pour le téléchargement, prévoir un peu).

    Ce livre sera la trame principale qui sera reprise plus tard pour publier le Muye Dobo Tongji lui-même. Les nombreux dessins sur le Gweonbeop me font penser en quelques sortes aux planches du Bubishi, même si la localisation n'est pas la même, ni vraisemblablement l'époque. Quoi qu'il en soit, à mon sens, l'influence chinoise me semble très présente au début (positions, armes), puis on distingue à partir de la page 215, avec l'étude du sabre, le style se fait plus japonais. Intéressante démonstration de l'influence de ses deux voisins à cette époque. Bien qu'il ait dû exister des AM locaux, officiellement, l'armée se devait certainement de connaître les techniques de ses deux adversaires potentiels et de s'y entraîner afin d'en saisir les points forts et faibles.

    Si j'ai suffisamment de temps, j'essaierai de m'attacher à traduire ce magnifique manuscrit. Mais ça risque de prendre du temps... Bonne lecture.

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    Re: DC's blog

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