Exposez des tatouages étendus et tape à l'oeil en Corée, et vous ne ferez jamais, ou rarement, l'expérience de la fameuse hospitalité coréenne...
En Europe comme en Asie, autrefois, les tatouages etaient la marque de toutes sortes de criminels, esclaves ou indésirables. La tradition asiatique, et coréenne en particulier a évolué de manière assez similaire, mais est plus ou moins restée sur cette idée. En conséquence, se faire tatouer en Corée est très mal vu.
Parmi les criminels coréens, la pratique du tatouage est un rite de loyauté, comme au Japon. Une fois que vous avez été marqué par le tatouage d'un gang, vous ne le quitterez jamais, du moins, en théorie. C'est un aspect commun à toute la pègre asiatique: Rappelez-vous des magnifiques dos tatoués des Yakusa japonais ou des triades chinoises, tout en dragons, poissons et fleurs...

Pourtant, aujourd'hui, cette forme de tatouage semble perdre du terrain en Corée. Les tatoueurs coréens (il y en a quelques uns) affirment que la plupart de leurs clients sont des gens "normaux" qui ont en général la vingtaine: beaucoup d'artistes, mais aussi des étudiants, des employés de bureau, et même des mères de famille.
Les principales différences sont l'emplacement et la taille. Les étrangers ont tendance à préférer des tattoos bien visibles alors que les coréens les placent en général sur l'épaule, le dos, ou la cuisse: des zones faciles a dissimuler sous les vêtements. Leurs tatouages sont généralement de petites dimensions. Un grand tatouage visible et tape à l'oeil peut empêcher l'accès à des salles de gym, piscines, sauna... Ou au mieux, vous procurer des regards choqués.
Techniquement, le tatouage est légal en Corée, mais les tatoueurs sont souvent arrêtés et condamnés pour exercice illégal de la médecine: les aiguilles perforent la peau!
Bien sûr, personne n'a jamais été envoyé devant les tribunaux pour cela, mais il reste qu'il est illégal de pratiquer n'importe quelle forme de médecine sur une autre personne en Corée, sans être reconnu praticien par l'Etat.
La Corée ne possède aucune législation réglementant le tatouage: les standards d'hygiène sont donc définis par des accords entre les artistes, donc parfois assez "lights".
En plus, il n'y a aucune garantie d'obtenir un tatouage de qualité, à moins de connaître l'artiste, car ceux-ci sont encore peu nombreux.
Pour un tattoo souvenir de Corée, il vaudra mieux être prudent et bien réfléchir...
Les tatouages sont pourtant populaires au sein de la scène punk coréenne et de la jeunesse underground (comme partout). Mais cela implique que la plupart d'entre eux ne pourront trouver ensuite un travail décent plus tard. Un tatouage visible ferme toutes les portes du monde du travail.
Mais il y a encore une raison, peut être plus forte que les autres, pour se faire des tatouages en Corée. Chaque homme coréen a le devoir de servir le pays durant deux années avant d'avoir trente ans. Jusqu'à récemment, l'armée refusait les personnes tatouées sur plus des deux tiers de leur corps. Sans autres échappatoires, certains ont choisi le tatouage!
En 2003, près de 170 personnes ont été arrêtées pour avoir tenté de se soustraire au service militaire avec des tatouages. Un crime passible de trois ans d'emprisonnement. Ces jeunes hommes en disgrâce on été exposés dans les médias, cheveux rasés, tête baissés et t-shirts relevés dévoilant des tatouages de dragons, poissons ou de roses.
Avis aux hapkido-in tatoués
Mais rassurez-vous, il semble que les moeurs évoluent doucement en Corée. Et de toute manière, les coréen sont en général très indulgents et amicaux avec les étrangers...

LE look à éviter au dojang...
Sources: Article tiré du magazine américain "Theme", Automne 2005
/ des amis tatoués et/ou tatoueurs, et globe-trotter...





